Self-defense'Chbg

23 août 2018

démarrage de la saison 2018-2019

Bientôt la rentrée!

Reprise des entrainements le mardi 11 septembre! Profitez bien de vos derniers jours de repos car après ça va faire mal!

RAPPEL:
Les cours se déroulent au gymnase Baquesnes 1 à Octeville
Mardi 19h-20h30 et jeudi 18h30-20h

Cours d'essai et inscriptions sur place.

Logo dos noir

En attendant, on vous donne rendez-vous au forum des assos de Cherbourg le 8 septembre à la cité de la mer!

 

 


05 juin 2018

Sparring pour la self-Défense, Etude sur les dynamiques d'affrontement

Dans cet article, je vais tenter de pointer les différences de dynamique d'affrontement entre un combat et une action défensive dans un contexte d'agression. Une bonne compréhension des dynamiques en œuvre lors d'un assaut de type agression  est à mon sens essentielle pour la mise en place d'entrainements réalistes en self-défense.

Avant toute chose, je vais définir les termes "combat" et "agressions physique" tels que je les utiliserai dans la suite de l'article.

Un combat est un affrontement rituel entre deux personnes (ou plus) impliquant de manière tacite ou non une participation active de l'ensemble des protagonistes. Les deux adversaires acceptent donc l'affrontement (acceptation plus ou moins forcée), l'alimentent et le relancent jusqu'à la victoire d'une des parties. Il s'agit donc d'un échange (même s'il s'agit de coups) entre deux personnes.

Une agression physique implique la mise en place d'une relation de domination totalement asymétrique imposée par l'agresseur à sa victime. La victime est ici supposée ne pas vouloir du tout entrer dans la dynamique de combat. Il n'y a donc ici aucun échange entre les deux parties: L'un (agresseur) tente d'annihiler toute résistance de la part de l'autre (la victime) qui tente seulement de faire cesser la situation (en fuyant, se soumettant, appelant au secours, contre attaquant...).

Cela peut paraitre un peu obscur mais cette différence est, à mon sens, fondamentale pour l'élaboration des stratégies de défense efficaces en self-défense.

 

Dynamique du combat:

Le paragraphe suivant ne présente que les éléments les plus fréquemment observés lors d'un combat. Il n'est donc pas exhaustif. En outre, si cette dynamique est fréquemment observée, elle ne constitue pas une vérité immuable.

Lors d'un combat (de rue ou sportif), on assiste souvent à une première phase d'observation entre les combattants (c'est souvent ce qu'on appelle le round d'observation dans les sports de combat). Durant cette phase, les deux protagonistes se rapprochent peu à peu en fleuretant avec la distance de combat, feintent pour provoquer certaines réactions chez l'adversaire, testent les réactions adverses... Puis, on observe des alternances de phases offensives et temps plus calmes d'observation et de reprise de distance.

On assiste donc à un "effet d'accordéon" de raccourcissements et allongements successifs de la distance de combat.

Lorsque le combat entre en phase de lutte, les combattants démarrent une partie d'échecs dans laquelle chacun s'emploiera à contrer l'autre et à prendre le dessus. L'objectif étant la soumission ou le KO de l'adversaire.

 

Dynamique de l'agression physique:

Comme je l'expliquai plus haut, une agression physique consiste en une dynamique totalement asymétrique ou l'agresseur cherche à annihiler toute résistance de la part de sa victime.  La plupart du temps, l'assaut sera lancé soudainement de manière à bénéficier de l'effet de surprise. La phase offensive sera poursuivie jusqu'à soumission complète de la victime ou son KO. Il faut avoir à l'esprit que si l'agresseur passe à l'acte, c'est parce qu'il est persuadé d'avoir facilement le dessus. La phase de testing ou d'observation a donc été menée en amont de l'agression physique proprement dite (elle s'est en fait déroulée lors de l'observation / choix de la victime ou pendant la phase d'interview). L'agresseur sait donc (ou pense savoir) exactement où il met les pieds.

L'effet accordéon de rétrécissements et allongements de distance n'existe donc pas dans ce type de confrontation. L'agresseur exerce une pression constante sur la victime.

Quand bien même, si par bonheur l'agresseur venait à rompre l'engagement et allonger la distance, il pourrait, suivant la situation, être alors totalement contre-productif pour la victime de resserrer la distance et poursuivre l'affrontement. Il serait beaucoup plus judicieux alors de profiter du moment pour fuir.

En phase de lutte au sol, l'intérêt de la victime est de rompre le contact au plus tôt pour se relever et fuir. Le KO ne devient qu'un moyen et non un but. La soumission impliquant une immobilisation des deux protagonistes n'est en générale pas une bonne option en matière de survie à une agression.

 

Le sparring pour la self-défense:

Si le sparring libre apporte beaucoup de bénéfices au combattant (coup d'oeil, timing, adaptabilité...), je pense en revanche qu'il peut inculquer à l'élève des comportements néfastes en situation de survie. Lors de mes cours de self-défense, j'ai remarqué que les pratiquants de sport de combat avaient plus tendance à "aller au charbon" que les autres et en oublient l'objectif final qu'est la survie. Etant conditionnés à rechercher la victoire du combat par KO ou soumission, ils en oublient de rompre le contact et fuir lorsque l'occasion se présente.

Lorsque je pratique le sparring pour la self-défense, je respecte donc ces quelques règles:

- Définir clairement les rôles agresseur et agressé

- Définir clairement l'objectif de l'agressé (fuir, contrôler l'agresseur...)

- L'agresseur doit imposer à son partenaire une pression constante

- Les agresseurs du monde réel ne sont pas toujours des experts en art martiaux ou sport de combat. Je préconise donc que l'agresseur emploie des grosses frappes de bourrin plutôt que des techniques propres à un style (directive non systématique en fonction de ce qu'on cherche à travailler).

On pourra ensuite introduire de nouveaux paramètres comme des agresseurs supplémentaires entrant dans la danse par surprise, l’apparition d’une arme, rajouter des handicaps à l’agressé…

Mais par-dessus tout, une chose me parait primordiale quand on se targue d’étudier une self-défense réaliste : Ne jamais oublier que LE SPARRING N’EST PAS LA REALITE. Aussi libre soit-il, nous devons systématiquement « aménager la réalité » afin de préserver la sécurité des pratiquants (protections, directives, travail en environnement sécurisé…). Le simple fait de conserver cette évidence en tête est le meilleur moyen d’éviter de prendre le melon et de rester humble face à la véritable violence qui ne laisse personne indemne.

27 mai 2018

Women Running Protec - Atelier de protection personnelle pour joggeuses

Le 26 mai avait lieu le premier Women Running Protec au studio Pilates Just'O Core de Cherbourg.

Au programme:

Mécanismes de l'agression de prédation

Stratégies de prévention

Techniques de défense

L'utilisation des equalizers.

 

22 décembre 2017

Qui a dit que les femmes ne savent pas se défendre?...

Petits extraits de l'entrainement de la semaine dernière.

 

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05 décembre 2017

Vidéo du stage FISFO du 2 décembre

Voici un petit montage vidéo du stage FISFO de samedi 2 décembre avec Charles Joussot.

Une méthode expéditive et sans fioriture! Merci à Charles et son équipe qui ont été au top tout le WE. Un stage très insctructif et de nombreux échanges entre passionnés. Sans oublier de bonne tranches de rigolades au resto!

 

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30 octobre 2017

Stage avec Charles Joussot à Cherbourg

Bonjour les amis,

 

je suis très heureux de vous annoncer la venue de Mr Charles Joussot sur Cherbourg le samedi 2 décembre pour un stage exceptionnel de Penchak Silat FISFO.

 

Tarif: 20 euros la journée.

Contactez moi pour plus d'infos: fredselfdefense@yahoo.fr

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28 septembre 2017

Défense contre attaque au couteau

Selon moi, une analyse pertinente de la réalité du couteau.

 

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03 septembre 2017

Reprise de la saison le 12 septembre!

Les cours de self-défense méthode PANENG reprennent le mardi 12 septembre.

Horaires: Mardi 19h-20h30 et Jeudi 18h30-20h

Lieu: Gymnase Baquesnes I (Rue du Soisonnais) à Octeville

 Contact: fredselfdefense@yahoo.fr

Facebook: Self-Defense Cherbourg

22 mai 2017

Lutte avec Vincent Roca!

Vincent Roca, un des meilleurs experts français en self-défense que j'ai pu rencontrer!

 

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04 mai 2017

Boucle décisionnelle et rapidité d’adaptation (2ème partie)

Boucle décisionnelle et rapidité d’adaptation (1ère partie)

Avant de continuer cet article, je mets en garde le lecteur : Les développements ci-dessous font état de mes réflexions sur le sujet à l’instant où j’écris ces lignes. Elles sont basées sur de longues recherches bibliographiques mais ne sauraient être exhaustives ni prises comme vérité absolue. Ces réflexions ont pour objectif de dégager, je l’espère, des pistes de travail vouées à être testées à l’entrainement.

 

2-    Comment optimiser le temps de parcours de ma boucle OODA

Si nous analysons un peu plus en détail la boucle OODA, nous nous apercevrons que les phases Observer et Agir relèvent d’interactions avec l’environnement extérieur alors que les phases Orienter et Décider sont plutôt de l’ordre du dialogue intérieur.

Grande

Observons chaque phase de la boucle afin d’en retirer les freins et les opportunités.

 

 

2.1. OBSERVER :

Lors de la phase d'Observation, nos sens captent les informations issues de notre environnement. Puis notre cerveau tri les informations qu'il juge pertinentes pour l'action en cours. C'est le phénomène de filtre attentionnel. En effet, notre environnement nous envoie une infinité de stimuli (température, luminosité, mouvements, texture, bruits de tous niveaux, vent...) qu'il nous est impossible de capter et analyser dans leur totalité. Notre cerveau opère donc inconsciemment un tri dans les informations captées par nos sens et reconstitue une représentation schématique (et donc imparfaite) de notre environnement et de la situation. Notre capacité à analyser une situation dépendra donc des informations jugées utiles par notre cerveau. Deux compétences interviennent donc de manière pré-pondérantes dans cette phase d'Observation:

- La connaissance des mécanismes de la violence et de ses signes précurseurs permet d'anticiper les risques auxquels nous sommes exposés en fonction du lieu où nous sommes, de l'heure et de l'activité que nous pratiquons. Elle permet en outre à notre cerveau d’être plus pertinent quant aux signes à relever.

- Adopter le niveau de vigilance approprié nous permet de faire remonter vers notre conscience des signes qui seraient restés d'ordinaire au niveau de notre inconscient (en une sorte de malaise)

Optimiser sa stratégie de prise d’informations :

En plus des connaissances théoriques (pré-requis, à mon avis, indispensable à toute démarche de protection personnelle) sur les mécanismes de violence, voici quelques exercices permettant d'améliorer nos capacités de détection des signes annonciateurs de violence:

- Visionnage et analyse de vidéos

- Observation des gens dans la rue (observer leur démarche, leur langage corporel, leur regard...)

- Observation de l'environnement et essayer d'imaginer des lieux susceptibles d'offrir une cachette à un éventuel agresseur (permet d'aiguiser les sens et la conscience de l'environnement)

- Exercice du clignement d'œil: Fermer les yeux. Un ou plusieurs collègues miment une scène devant vous. Ouvrez les yeux le temps d'un clignement d'œil et refermez-les puis décrivez la scène le plus précisément possible en insistant sur les menaces perçues.

 

2.2. ORIENTER :

La reconnaissance de la situation :

Accélérer la phase de diagnostic (une opportunité)

Si la pertinence du filtre attentionnel (c'est-à-dire la pertinence des indices retenus) augmente avec l’expérience de l’individu [4], le nombre d’indices nécessaires à déduire l’issue de la situation diminue. Le diagnostic en devient donc non seulement plus fiable mais également plus rapide.

Si rien ne remplace la véritable expérience, le travail en scénarii (à condition que les scénarii étudiés soient réalistes) et le visionnage de vidéos permet d’ancrer un certain nombre de situations de référence (sorte d’expérience par procuration) auxquelles le cerveau peut se raccrocher pour sélectionner une réponse adaptée. Il n’est plus dans l’obligation d’élaborer une réponse originale de toutes pièces (beaucoup trop longue à élaborer) mais se base sur des stratégies ayant déjà fait leurs preuves dans d’autres situations.

 

Le Déni (un frein)

Lorsque nous sommes confrontés à un évènement dépassant notre entendement ou contraire à notre système de valeurs ou croyances, notre cerveau a tendance à ignorer, voir refuser l’évènement en question [5]. C’est ce qu’on nomme la phase de déni. Elle se traduit par un refus d’accepter la réalité et des pensées du type « ce n’est pas vrai, cela ne peut pas m’arriver », « je dois être en train de rêver »… Rory Miller explique que la très grande majorité des gens est sujet à cette phase de déni qui, selon les personnes, dure d’une fraction de secondes à plusieurs minutes, voir beaucoup plus en cas de choc post traumatique [1].

Quels outils avons-nous à notre disposition afin de minimiser cette phase de Déni ?

Le premier outil qui me vient à l’esprit est d’accepter que la violence fait partie de notre monde et que cela n’arrive pas qu’aux autres. Cela suppose également d’accepter que cette violence fait partie de nous et que nous pouvons y avoir recours pour défendre notre vie.

En deuxième lieu, notre cerveau est programmé pour répondre à la question « POURQUOI ? ». Pourquoi me font-ils cela ? Qu’ai-je fait pour mériter ça ?... Il faut accepter que nous ne trouverons pas forcément de justification logique à cette violence dirigée vers notre personne. Cela ne signifie pas que cette justification n’existe pas aux yeux de mon agresseur mais simplement qu’elle ne cadre pas avec mon système de valeurs ou croyances. De toute façon, une fois les hostilités engagées, l’instant sera très mal choisi pour se poser ce genre de question. Il faudra réagir et vite !

 

L’estimation des différentes options de réaction :

Elaborer des grilles de lecture situationnelle (une opportunité)

Une piste pour optimiser la phase d’orientation serait de proposer une grille de lecture des situations en fonction d’un certain nombre de critères génériques (applicables à la grande majorité des situations) et choisis judicieusement pour faciliter l’orientation de la réponse à mettre en place. En effet, si chaque situation est unique de par l’infinité des paramètres qui la définissent, je pense qu’il est possible de dégager certains traits facilement analysables et communs à bon nombre de situations.

Exemple : si je ne suis pas accompagné et en espace ouvert, la solution de repli est à priori une bonne stratégie pour préserver mon intégrité physique. En espace clos, cette stratégie n’est plus applicable. Il n’est donc plus nécessaire de passer ne serait-ce qu’une fraction de seconde à analyser cette option.

 


 

2.3. DECIDER :

Réduire le champ des possibles :

Le temps de prise de décision augmente avec le nombre de possibilités qui s’offrent moi (loi de Hicks). Toute disposition limitant le nombre d’options diminuera donc mon temps de prise de décision. Cependant, mettre en place une stratégie n’offrant qu’une unique option est suicidaire car aucune stratégie n’est infaillible. Il s’agira donc de trouver le juste milieu.

 

Mettre en place des procédures génériques (opportunité)

En ce sens, la mise en place de « procédures génériques » en fonction de la grille de lecture situationnelle (évoquée dans le paragraphe précédent) permet de limiter grandement le champ des réponses possibles à une situation donnée. La procédure devra être suffisamment générique et laisser suffisamment de liberté au défenseur pour lui permettre de l’adapter aux spécificités de la situation.

Par exemple, une grille de lecture situationnelle se basant sur des critères purement stratégiques me permettant de faire un choix entre une stratégie de fuite ou d’attaque préemptive sans m’obliger à réaliser une analyse fine de la situation me ferait gagner un temps considérable dans ma phase d’Orientation / Décision. La liberté qu’il me reste au sein de la procédure définie réside dans la mise en œuvre pratique de cette procédure (type d’attaque préemptive, voie de repli choisie…).

 

L’inhibition à l’attaque (frein)

L’inhibition à l’attaque est un mécanisme de protection de l’espèce empêchant ou limitant les probabilités d’affrontements mortels entre congénères. Pour l’espèce humaine, cette inhibition naturelle est renforcée par notre éducation et les règles morales de vie en société. Ces règles étant encore plus marquées dans nos sociétés aseptisées. Il en résulte que la grande majorité des personnes éprouvent une forte répulsion à l’idée d’occasionner des dommages physiques à un autre être humain. Ce mécanisme est à l’origine de nombreuses hésitations, augmentant au mieux notre temps de réaction, et annihilant, au pire, notre capacité de réaction en conduisant au phénomène de sidération.

En cas d’agression, il est primordial de se donner les moyens de passer outre cette barrière psychologique.

Les drills de déverrouillages offensifs [6] tels que les assauts sans retenue sur boucliers ou assauts à thème (sans retenue et avec protection) sont d’excellents moyens de ressentir les effets libérateurs du passage à l’action et nous pousser à agir pour notre survie.

Une autre méthode consisterait à associer le premier mouvement de la riposte avec un mot ou une phrase de notre choix [5]. Lors de l’entrainement, nous devons évoquer ce mot dans notre tête avant chaque attaque lancée à notre partenaire. L’idée est de conditionner notre corps à attaquer à l’évocation de ce mot en pensée. Cette « astuce » permettrait de « faciliter » la libération de notre agressivité.

 

2.4. AGIR :

Je propose d’étudier cette phase d’action sous l’angle du combat. Ce qui est bien évidemment réducteur car toute action d’anticipation (quitter les lieux, demander de l’aide…) ou de négociation mériterait d’être approfondie. J’avoue cependant que sur ce coup là, je suis un peu sec…

Analysons donc l’action en tant qu’action de combat :

Choix des techniques d’affrontement :

La répétition des techniques est bien évidemment indispensable pour qu’elles soient intégrées dans la mémoire neuromusculaire et se substituent aux réflexes innés. Le travail en drills présente d’excellents résultats.

Néanmoins, en état de stress intense, les mouvements acquis par l’apprentissage ont tendance à s’évaporer pour laisser place au naturel (cad aux réflexes innés) s’ils ne sont pas suffisamment intégrés à la mémoire neuromusculaire. La pire situation qu’on puisse rencontrer se présente quand l’apprentissage est suffisamment avancé pour commencer à effacer les réflexes innés sans les avoir complètement remplacés par les techniques apprises. On se trouve alors face à ce que j’appelle un « conflit de versions » dans les réponses physiques à apporter à l’agression.

Pour limiter ce phénomène, les techniques de self-défense doivent être conçues pour rester le plus proche possible des réflexes innés.

En outre, la science a montré que la taille de la cible influence le temps de mouvement [2].En d’autres termes, plus la cible est petite, plus mon mouvement sera lent. Nous ne pouvons pas influencer la taille ou le gabarit de notre adversaire. Cependant, le choix des cibles à attaquer a son importance. Si elles doivent être vulnérables (afin de garantir une certaine efficacité à l’attaque), elles ne doivent cependant pas être trop petites sous peine d’augmenter le temps moteur. Le corolaire de ce constat est que les techniques sélectionnées doivent permettre une certaine imprécision dans leur exécution sans perdre la totalité de leur efficacité.

 

Enfin, toujours en se fiant à la fameuse loi de Hicks, sachant qu’un trop grand nombre d’options augmente de manière drastique le temps de réaction, il convient de limiter le nombre de techniques étudiées pour une même situation. Le corollaire étant que chaque technique soit le plus polyvalence possible afin de couvrir un maximum de situations.

 

Perturber la boucle adverse:

Voici quelques pistes qui me semblent être de nature à perturber la capacité d’analyse de l’agresseur et diminuer sa capacité d’adaptation.

Il est primordial de masquer nos intentions à notre agresseur (ne pas lui dévoiler notre volonté de nous défendre ou notre potentiel combattif). Lui envoyer des stimuli ne reflétant pas la réalité amène l’agresseur à prendre les mauvaises décisions, à abaisser sa vigilance. Une fois notre véritable réaction enclenchée, son temps de compréhension (observation / orientation) de celle-ci sera d’autant plus long que les informations perçues sont incohérentes avec la réaction attendue de sa victime.

Une attitude incohérente (simuler la folie par exemple ou formuler une question totalement hors contexte) envoie des signaux contradictoires et sans lien avec la situation, forçant l’agresseur à réévaluer celle-ci. Ce stratagème force donc l’agresseur à réinitialiser sa boucle décisionnelle et me confère un temps d’avance me permettant de reprendre l’initiative.

 

La frappe préemptive est également un excellent moyen de perturber le schéma préétabli de l’agresseur. Celle-ci devra être soudaine, sans signe préalable et décisive de manière à mettre fin à la menace, ou à minima, m’ouvrir une brèche suffisamment grande pour fuir.

 

Bibliographie :

[1] « Rory Miller on Freezing »http://www.nononsenseselfdefense.com/FreezeRORY.htm

[2] « LE TRAITEMENT DE L'INFORMATION D'UN POINT DE VUE COGNITIF », Le 02 Octobre 1998, {Licence STAPS 98-99. C1-M2. Cours de Nicolas BENGUIGUI}

[3] « Boyd’s O.O.D.A Loop and How We Use It » https://tacticalresponse.com/blogs/library/18649427-boyd-s-o-o-d-a-loop-and-how-we-use-it

 

[4] « La pression temporelle dans les environnements dynamiques : le cas de la conduite automobile », Stéphanie Coeugnet , thèse de doctorat en Psychologie

[5] Neurocombat Livre 2 - Stratégie et communication pour la violence de rue, de Christophe Jacquemart, éditions Fusion Froide

[6] Neurocombat Livre 1 - Psychologie de la violence de rue et du combat rapproché

26 avril 2017

Boucle décisionnelle et rapidité d’adaptation (1ère partie)

Nous interagissons en permanence avec notre environnement. Nous le subissons, le modifions et nous y adaptons. Chacune de nos actions ainsi que de nombreux paramètres qui nous sont extérieurs (actions d’autrui, météo…) le modifient. Nous devons sans cesse nous adapter à la nouvelle configuration à laquelle nous devons faire face.

Une situation d’agression ne fait pas exception :

Nous devons nous adapter… ET VITE !

Le schéma type d’une agression physique se caractérise notamment par une contraction du couple espace / temps qu’il faut à tout prix combler.

Au fur et à mesure la situation évolue et que l’agression se précise, la distance agresseur / victime diminue, et par là même le temps dont dispose la victime pour réagir à la situation.

Plus nous laissons la dynamique d’agression s’installer, plus notre temps de réaction devient précieux. Il devient critique lors de la phase d’assaut.

 

Notre stratégie de défense devra donc intégrer comme objectifs :

-          La maitrise de l’espace

Et

-          La maitrise du temps

 

Dans cet article, je me propose de décortiquer les mécanismes de prise de décision et d’action ainsi que leur influence sur notre temps de réaction.

L’objectif étant d’en tirer des pistes concrètes de travail destinées à accroitre notre capacité et notre vitesse d’adaptation et donc de réaction face à une situation violente.

 

1-    Analyse du processus décisionnel :

Chaque action que nous réalisons est le résultat d’une comparaison mentale entre la situation présente et la situation souhaitée. Afin d’illustrer ce principe, prenons l’exemple de boire un verre d’eau :

Ce mécanisme préside, la plupart du temps de manière inconsciente, à toutes nos actions et interactions avec notre environnement. C’est ce mécanisme que le colonel John Boyd a décrit au travers de la célèbre boucle décisionnelle OODA.

Observer :

Nous appréhendons notre environnement et ses composantes au travers de nos sens (en particulier la vue, l’ouïe et le toucher). Notre cerveau collecte en permanence l’ensemble de ces infos de manière la plupart du temps inconsciente.

 

Orienter :

Lors de la phase d’orientation, nous analysons les différents stimuli perçus par nos sens et reconstituons une image mentale de notre environnement (situation présente). Nous comparons cette image mentale à une autre image mentale correspondant à la situation souhaitée.

Puis, nous élaborons et comparons plusieurs scénarii d’actions permettant de rallier potentiellement la situation souhaitée. Nous réalisons une simulation de ces scénarii et en estimons leurs conséquences ainsi que leurs probabilités de réussite.

 

Décision :

A l’étape décision, nous arrêtons notre choix sur le scénario ayant le plus de probabilité de permettre d’aboutir à la situation souhaitée.

 

Action :

Enfin, lors de la phase action, notre cerveau envoie l’ordre à nos membres d’exécuter l’action décidée et nos membres se mettent en mouvement pour la réaliser.

Toute action entrainant une modification de notre environnement, nous devons réinitialiser la boucle en repassant par une phase d’observation afin d’estimer le résultat de notre action. En outre, notre environnement étant constamment changeant (du fait de paramètres extérieurs), la boucle est en permanence relancée même si nous n’avons initié aucune action.

Le processus mental complet (OODA) permettant d’aboutir à une action prend un temps non négligeable que nous appellerons Temps Requis.

 


 

Définitions :

Temps de Réaction : Temps écoulé entre un stimulus et le début de l’action déclenchée par le stimulus

Temps de Mouvement : Temps écoulé entre le début et la fin de l’action

Temps Requis : Temps Requis = Temps de Réaction + Temps de Mouvement

Ainsi, plus je serai capable de parcourir ma boucle OODA rapidement, plus je m’adapterai vite à la situation et plus j’aurai de chance de prendre mon agresseur de vitesse.

 

De ce constat, nous pouvons tirer deux stratégies pour maitriser le facteur temps :

-          Augmenter ma rapidité de parcours de ma boucle

-          Ralentir, voir court-circuiter la boucle adverse

 

28 février 2017

Le phénomène de sidération lors d'une agression

Voici une excellente vidéo pour expliquer ce qu'est la sidération. Ce témoignage illustre parfaitement le comportement d'une personne en état de sidération. Puis l'explication de la psychologue Muriel Salmona décortique les mécanismes psychiques entrant en jeu dans ce genre de cas. J'espère que cela permettra à ceux qui ne l'ont jamais vécu de comprendre ce que peuvent ressentir certaines victimes et pourquoi elles n'ont pas réagi mais aussi que cela aidera les victimes l'ayant déjà vécu à déculpabiliser et à comprendre que cette réaction n'est qu'une réaction naturelle qui peut arriver à n'importe qui.

 

 

pour aller plus loin:

 

05 février 2017

Retour sur la stage de Rapide Défense du 4 et 5 février

Ce WE, nous avions invité Vincent Roca pour un stage de Rapide Défense. Un seul mot: Excellent!

Vincent nous démontré les principes du Rapide Défense avec un pédagogie hors paire: Des exercices dynamiques et ludiques faisnt travailler les qualité techniques et physiques des participants. La méthode de Vincent, respectueuse de l'intégrité physique d'autrui, permet de contrôler un individu sans violence inutile. Non pas que le Rapide Défense ne propose que des méthodes douces (qui relèveraient de l'utopie quand il s'agit de maitriser un individu violent et déterminé) mais il propose de doser le niveau de brutalité au juste besoin par rapport à la situation.

La padagogie de Vincent est limpide et amène très rapidement les stagiaires à appliquer les principes enseignés dans un cadre réaliste. Enfin, la psychologie de l'agression et les techniques de désescalade verbales sont constamment présentes en filigrane du programme technique proposé par Vincent.

Merci à Vincent Pour ces purs moments de plaisir et d'apprentissage.

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01 janvier 2017

Comment se préparer serainement à la violence

Je partage ici un article particulièrement intéressant sur la démarche de préparation tant psychologique que physique à la violence dans un souci de protection personnelle.

 

Vraiement excellent!

 

Wude men - Quelle éthique pour une physique de la violence ?

Quelle éthique pour une physique de la violence ? 1/ Une physique de la violence On sait depuis que cette différence entre le règne animal, en général, et l'espèce humaine, en particulier, est erronée. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire les travaux de Richard K. Lore et Lori A.

http://www.wudemen.com



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19 octobre 2016

L'effet témoin

Extrait de cours

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24 août 2016

Reprise de la saison de Self-Defense

Les cours de self-défense PANENG

(Prévention - Anticipation - Négociation - ENGagement)

reprennent le mardi 7 septembre à 19h.

Les cours se déroulent au gymnase Baquesnes I (Rue du Soissonais, Cherbourg-Octeville) tous les mardi de 19h à 20h30 et jeudi de 18h30 à 20h (inscriptions sur place possible).

Cours d'essai gratuit.

Contact: Fredselfdefense@yahoo.fr ou par tel: 06-87-04-85-67

 En attendant, nous serons ravis de vous rencontrer au forum des associations de Cherbourg à la Cité de la Mer le samedi 3 septembre.

TRIPTIQUE PANENG 6